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Cyril Pineau - Luthier amateur

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11 mars 2009

De l'importance de la colle

La colle fait souvent partie de ces produits qui déchaînent des débats passionnés entre luthiers. Quand la passion s'installe, l'objectivité ne demeure jamais longtemps. Ainsi, et comme beaucoup, je fais partie de ceux qui ont toujours travaillé avec la désormais traditionnelle "Titebond", une colle qui m'a toujours satisfait, mais sans véritablement chercher à trouver mieux.

La lecture du superbe "cahier d'atelier" de Robert Bouchet à donné à certains de mes compères matière à réfléchir. En effet, Bouchet décrit tout au long de sa construction les processus de collage à la colle d'origine animale (colle d'os, colle de nerfs ...) et il n'en fallait pas moins pour exciter la curiosité de ces éternels insatisfaits, ce qui donna lieu à un débat vraiment très intéressant. Il est effectivement logique de se demander si un partie de qualités acoustiques des guitares de ces maîtres disparus ne venait pas 'aussi' de la colle utilisée ...

Au cours de ce débat, un lien vers un article de Tim McKnight est apparu (merci à Niko pour cette information), un article véritablement très intéressant pour tout les facteurs d'instruments qui ont pu un jour se poser des questions sur la colle, son efficacité, son rôle, la meilleur façon de la sniffer, sa préparation et bien d'autres sujets.

McKnight a un petit coté "luthier geek" que j'apprécie beaucoup et ses expérimentations sont véritablement pleines de sens. L'article en question (que vous trouverez ici) est entièrement en anglais et cherche à mettre en évidence la capacité des colles à transmettre la vibration d'une pièce de bois vers une autre. Le mode opératoire est certes moins scientifique que nous pourrions le souhaiter puisque Tim s'affranchit de certaines variables (comme la quantité de colle nécessaire au collage) mais les résultats n'en sont pas moins surprenants. Comme vous pourrez le constater, la colle animale aurait des résultats mitigés sur le "sustain" des pièces encollées et la Titebond serait même, sur ce point précis, la pire des colles testées ! La colle blanche LMI serait par contre le 'must' pour assurer une bonne conduction de la vibration ...

titebond_waveform
Résultats des recherches de Tim pour la colle "Titebond Original"

S'il ne faut certainement pas prendre ces résultats au pied de la lettre, cela m'a personnellement engagé à porter une réflexion sur le choix de ma colle pour mes prochains projets. La Titebond ne m'a personnellement jamais déçu, c'est une colle efficace et qui, combinée à la colle animale pour les parties "démontables" (il faut toujours penser au travail de restauration lors de la conception), forme un excellent duo. Ceci dit, j'ai choisie cette colle sur les conseils de luthiers expérimentés, sans me poser la question de l'impact de ce choix sur le son. Je n'agirais plus de cette manière après avoir lu cet article. Thanks Tim !


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9 mars 2009

Johannes Hopfner

J'ai découvert cet artiste lorsqu'il est venu se présenter sur l'un des forums de luthiers amateurs que je fréquente. J'ai vraiment accroché tout de suite ... Son album est disponible depuis juillet dans toutes les FNAC. J'imagine que votre fromager habituel doit pouvoir se le procurer sans trop de soucis.

Un petit lien vers sa page myspace pour en savoir un peu plus sur lui ? C'est ici ...

6 mars 2009

Un filet de passion ... et beaucoup de patience !

Tout les amateurs n'ont pas la même aptitude au travail du bois quand vient l'heure de construire leur première guitare. Pour celui qui n'a aucune expérience de ce domaine, la pose des filets reste un véritable chemin de croix ...

Il y a d'abord la défonce des gorges qui accueilleront les filets : la moindre erreur à ce moment et plusieurs heures de travail peuvent s'envoler en fumée ... ou en petit copeaux, c'est au choix. L'éclisse de cette petite classique est trop fine (1.5mm), elle n'a donc logiquement pas supporté le traitement. La réparation, qui reste visible, m'a coûté plusieurs heures de travail.

Vient ensuite le collage des filets à proprement parler ... et le défi : n'avoir aucun écart entre la guitare en elle même et ces derniers. Il existes certes des méthodes efficaces(*) pour combler les petits trous qui ne manqueront pas d'apparaître lors d'une pose difficile, mais y arriver sans avoir recours à ces artifices est un but que nous souhaitons tous atteindre. Il est donc vivement conseillé de faire quelques essais "à blanc" pour s'assurer que tout est ajusté correctement avec de tartiner généreusement les gorges de colle. L'impression de massacre organisé de votre travail ressentie tout au long de cette étape est apparemment normale. Un jeune et talentueux luthier m'a confirmé avoir vécu les mêmes états d'âme ...

Filet1

Voila donc le résultat, coté face seulement ... (je me sens encore un peu trop électrique pour attaquer le côté pile), et brut de collage (ni égalisé ni nettoyé). Les filets sont en moabi. Attention à ce bois : agréable à travailler et très joli une fois vernis, ses poussières sont aussi hautement toxiques - bien sur, comme vous portez un masque à chaque opération de ponçage, cette recommandation est superflue ... mais, je la fais quand même : c'est mon petit côté paternel. La plaquette au niveau de la jonction des éclisses est en wengé. Les contre-filets ... bah, c'est du plastoc. Vous, la bas ! Je vous ai vu rire à l'évocation de mes filets en peau de poubelle recyclée ! Hop, vous cintrerez trois paires d'éclisses en sapele pour la semaine prochaine ... ça vous apprendra.

* Voir à ce propos l'excellent site de Kathy Matsushita, et plus particulièrement la revue concernant la construction de sa guitare classique.

5 mars 2009

Des instants meilleurs que d'autres ...

Certaines des étapes de la construction restent à mes yeux d'amateur de pures moments de bonheur égoïste. C'est sans aucun doutes le cas de l'instant qui précède la fermeture de la caisse ... Je crois pouvoir rester des heures à tenter de fixer dans ma mémoire le tableau offert par l'envers de la table, ce barrage que l'on a tant travaillé, dans l'espoir qu'il donnera à l'instrument une voie particulière, mais pas seulement.

Il y a quelque chose de très égocentrique dans cette activité qu'est la facture de guitares. Qui d'autre que le luthier lui même pour se féliciter de la "propreté" des collages dans le ventre de la guitare ? Et pourtant, plus c'est beau, et plus nous ressentons de fierté. Il est certes probable qu'un jour, un autre amateur avisé ou même un homme de l'art jette un œil dans les entrailles de l'instrument mais, pour être parfaitement honnête, je crois que je peu y pensent lors de la construction. Savoir que le plus beau de l'œuvre sera caché aux yeux de la plupart et que nous resterons donc les seuls à en avoir profité pleinement est parfaitement égoïste, mais superbement jouissif.

assemblage2

La petite classique basée sur un éventail 7 barres à la sauce Torres est la première pour laquelle je fais tant d'efforts afin de garder un intérieur des plus propres. Les barrages et la table ont été terminés au papier grain 800 ... Malgré tout, les sujets de mécontentements restent nombreux. Jamais content ? La encore ... je suis persuadé de ne pas être une exception.

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